Job étudiant : oui! mais…

Article de notre génial responsable national!

A retenir: Mercredi 10 avril 09:00-12:00

Voilà un an que le nouveau dispositif des jobs étudiants fonctionne. Ce statut permet aux étudiants de travailler un certain nombre de jours par an sans être encadré par la législation générale du travail, mais sous une multitude d’exceptions. Comment cet assouplissement de la législation lèse-t-il les jeunes ? Et leurs collègues ? Quels sont les dangers du système ?

Du point de vue de l’étudiant, avoir un job entre deux semestres ou quelques week-ends par an, c’est la méthode idéale d’avoir les moyens de partir en vacances ou se faire plaisir. Et qui dirait le contraire ? De premières expériences dans le monde du travail, la découverte de plusieurs jobs et secteurs, de quoi remplir le CV… C’est un apprentissage de la vie professionnelle qui apporte souvent beaucoup à chacun. Les Jeunes CSC encouragent et soutiennent les jeunes dans cette démarche.

Job étudiants vs contrats

Néanmoins, les assouplissements réalisés par le législateur il y a un an ont accru la flexibilité non seulement pour les étudiants, mais aussi pour les travailleurs engagés à côté de jobistes. On sait que dans certaines entreprises et secteurs, des CDD n’ont pas été renouvelés. Dans la grande distribution, par exemple, il y a beaucoup de femmes à temps partiels contraint qui pleurent pour avoir des heures en plus, mais qui ont été remplacés par des étudiants. Un délégué de Carrefour nous a dit récemment que des étudiants étaient engagés pour travailler pendant la semaine, ce qui n’arrange pas du tout les autres travailleurs.

Cadrer les jobs étudiants n’implique pas de précariser des emplois existants ! Cela ne doit pas léser les travailleurs ayant besoin d’un emploi régulier, avec toutes les cotisations classiques.

« Assouplir » = précariser !

Certains députés veulent déjà revoir la réglementation et l’assouplir davantage. Ils voudraient passer à un système d’heures, ou de demi-jours. Une des suggestions est notamment de passer à 100 demi-jours de travail étudiant.

On se trouve donc dans un cas de figure où les étudiants vont se retrouver à travailler toute l’année (probablement aux dépens de leurs études).

Et les jeunes demandeurs d’emploi peu qualifiés se retrouvent en concurrence directe avec des étudiants qui coutent moins cher à l’employeur, et qui sont plus flexibles, plus facilement « virables ». Bref, à travers cette mesure, les politiques encouragent la compétition entre les plus faibles. Cela accentue la division du marché du travail : les emplois « rêvés » d’un côté : CDI, temps plein, horaires fixes… et les emplois précaires de l’autre : CDD, horaires variables, temps partiel, jobs étudiants…

Or, les jeunes auraient tout intérêt à bénéficier d’un statut véritable, avec une protection sociale. Au nom de quoi va-t-on travailler sans bénéficier de paie si on tombe malade, sans mériter des congés payés, sans cotiser pour sa pension ? D’autant que le salaire net « perdu » en faisant un job normal, est récupéré par les avantages bruts liés à un véritable contrat de travail. En deux mots, il est faux de penser que travailler avec un contrat normal est désavantageux financièrement.

Les Jeunes CSC vont donc continuer à informer les jeunes sur ce sujet délicat. En effet, il n’est pas toujours facile de dire aux étudiants qu’ils devraient travailler avec un salaire normal, en payant des cotisations de solidarité. Bien que travailler comme étudiant apporte une première expérience enrichissante dans le monde du travail, le premier job de l’étudiant c’est d’étudier, pas de travailler ! D’où l’importance d’assurer un accès démocratique à l’enseignement supérieur, à travers un coût des études réduit et des bourses efficaces pour les publics moins fortunés.

Par ailleurs, pour dénoncer la compétition entre les jeunes travailleurs au seul profit des employeurs, nous allons organiser un match de catch devant le siège de la FEB, du PS et du cabinet du ministre de l’emploi, le 10 avril en matinée. N’hésitez pas à nous rejoindre pour cette action, via info@jeunes-csc.be, notre site www.jeunes-csc.be ou notre page Facebook « Jeunes CSC ».

Pierre Ledecq
Jeunes CSC
pierre.ledecq@jeunes-csc.be


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